Insectes forestiers - Contexte

Un dendrochtone du pin ponderosaLes forêts du Canada ont toujours été victimes de dégâts causés par les insectes. Les premiers colons européens établis dans l’Est du Canada signalaient déjà des ravages attribuables à la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana). De nos jours, parmi les grands insectes forestiers indigènes, il faut compter la tordeuse des bourgeons de l’épinette, la livrée des forêts et les autres livrées (Malacosoma spp.) et les scolytes, insectes de l’écorce (Scolytidae). D’autres insectes non indigènes, ou exotiques, qui ont été introduits par l’activité humaine postérieure à la colonisation font également des dégâts étendus. Au nombre de ceux-ci, mentionnons le puceron lanigère du sapin (Adelges piceae), qui ravage surtout le sapin baumier (Abies balsamea), et la race européenne de la spongieuse (Lymantria dispar), qui endommage de nombreuses essences feuillues. Ces insectes introduits sont souvent plus destructeurs que les espèces indigènes en raison de l’absence de maladies et de prédateurs naturels capables d’enrayer leur propagation. L’action combinée des ravageurs forestiers et des maladies est encore plus dommageable pour nos forêts.

Les dégâts causés par les insectes forestiers peuvent réduire l’exploitabilité économique de certaines essences et/ou rendre des secteurs forestiers impropres aux activités récréatives, à la présence de la faune ou à d’autres utilisations. Les ravageurs forestiers peuvent également réduire la biodiversité des forêts.

Précisions sur la terminologie

Des dendrochtones du pin ponderosa sur de l'écorceLe site Web du PNDF fait état des dégâts causés par les insectes en précisant les superficies où on a relevé de la mortalité, une défoliation modérée à grave et la présence d’arbres tués par des scolytes. Une défoliation modérée à grave désigne une superficie où au moins 30 % du feuillage de l’année en cours a été détruit. Selon leur amplitude et leur durée, les épisodes de défoliation provoquent des pertes de croissance et même, quand ils se prolongent, la mort des arbres. Les pertes de croissance importantes surviennent généralement quand la défoliation du houppier atteint 40 %.

Une larve de dendrochtone du pin ponderosaDans le cas de la défoliation des peuplements de sapin (Abies) et d’épinette (Picea) par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, les superficies recensées peuvent être étendues et contiguës. Dans le cas des infestations de scolytes dans les peuplements de pin tordu latifolié (Pinus contorta var. latifolia), les superficies mentionnées sont en réalité souvent marquées par des îlots éparpillés d’arbres morts (habituellement de fort diamètre). Rares sont les superficies où les dommages causés par les scolytes entraînent la mort de tous les arbres. Des facteurs comme la qualité de la station, l’âge et la vigueur des arbres ainsi que les conditions météorologiques peuvent également influer sur l’étendue et la répartition de la mortalité.

L’aménagement forestier comprend la pulvérisation d’insecticides qui vise à réduire les populations d’insectes afin de protéger le feuillage et de garder les arbres en santé. Les ravageurs comme la livrée des forêts (Malacosoma disstria) provoquent habituellement des pertes de croissance plutôt qu’une mortalité à grande échelle, de sorte que seules les premières sont signalées.

Sources des données

Une larve de tordeuse de bourgeons d'épinettesLes superficies défoliées sont cartographiées par des collaborateurs appartenant à l’industrie et aux provinces. L’organisme chargé de la collecte et du traitement des données varie d’une province ou d’un territoire à l’autre.

Les pertes de ressources forestières imputables aux insectes et aux maladies sont établies à partir d’études menées par le SCF et d’autres chercheurs. Les données sur les superficies défoliées sont combinées à celles de l’inventaire des forêts du Canada grâce à des techniques de SIG afin de déterminer les pertes attribuables à la mortalité et à la diminution de croissance. Des rapports de recherche sur les insectes et maladies sont disponibles sur le site Web du Service canadien des forêts dans les catégories suivantes : État des forêts, surveillance et compte rendu; Aménagement des forêts et des paysages.

Remarques sur les données

Défoliation causée par la tordeuse de bourgeons d'épinetteLes chercheurs et les gestionnaires s’efforcent d’utiliser les méthodes les plus récentes de collecte et d’analyse de données et déploient tous les efforts nécessaires pour s’assurer que les données reflètent l’état réel de la forêt. Il faut toutefois traiter cette information avec la plus grande prudence, car les données de base varient énormément d’un endroit à l’autre. Les techniques de cartographie sommaire sont souvent imprécises et les données d’inventaire des forêts ne sont pas aussi récentes dans toutes les parties du pays. En outre, les normes de collecte et de traitement des données varient d’une province ou d’un territoire à l’autre.

Un terrain forestier peut être défolié par plus d’un insecte, ce qui entraîne souvent un chevauchement entre les chiffres présentés. Un territoire modérément à gravement défolié peut également abriter de petits terrains non boisés, des routes, des terres cultivées, de petits lacs et des superficies incendiées. Les superficies recensées comme étant défoliées peuvent comporter des îlots plus ou moins gravement touchés. Les superficies où la mortalité est attribuée à un insecte attaquant une ou plusieurs essences peuvent comprendre d’autres essences qui finiront par mourir d’une exposition provoquée par la création d’une ouverture dans le couvert. Enfin, certaines superficies défoliées peuvent échapper aux études.

Des oeufs de tordeuse de bourgeons d'épinetteLe site Web du PNDF comprend des données sur les dégâts dus au dendroctone du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae), dégâts qui ne sont pas attribuables à une défoliation. Les oeufs pondus par les femelles de cet insecte deviennent des larves qui se nourrissent de l’écorce interne; les arbres infestés meurent habituellement sous l’action combinée de l’alimentation des larves et d’autres agents pathogènes (p. ex., un champignon à l’origine d’un bleuissement du bois), une infection favorisée par l’action de l’insecte. Les données sur le dendroctone du pin ponderosa correspondent aux superficies où des arbres ont été tués par ce ravageur, la mort survenant généralement moins d’un an après l’infestation.

Lors de l’interprétation des données sur les dégâts causés par les insectes, il faut tenir compte des limites suivantes : recensement des superficies de forêt morte par opposition aux superficies où se trouvent des arbres morts; limites des données d’inventaire; et capacité (ou impossibilité) de faire correspondre les données d’inventaire avec les superficies où la défoliation s’est étalée sur une année ou plus. L’importance des pertes de croissance ou de la mortalité varie selon la gravité des dégâts, la condition des stations, l’âge et la vigueur des arbres, les conditions météorologiques, etc.

Une tordeuse de bourgeons d'épinettes femelleUn sommaire des régions touchées par les principaux insectes défoliateurs et les scolytes illustre l’ampleur du problème. Il est impossible d’établir une comparaison rigoureuse : il faut généralement plusieurs années successives de défoliation pour faire mourir un arbre, et cette action varie selon le ravageur, l’essence attaquée et d’autres facteurs. Les différences des méthodes de dépistage de chaque ravageur rendent la comparaison encore plus complexe. De plus amples renseignements sont disponibles sur le site du Service canadien des forêts — L'état de santé des forêts.Une larve de tordeuse de bourgeons d'&eapinette qui mange du pollen

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